vendredi 2 janvier 2009

Folle?


Il fait souvent soleil ici, c'est vraiment agréable. Je vous ai mis la météo en direct pour se faire une petite idée. Bien sûr s'il y a du soleil, le thermomètre dégringole autour des moins 20. Mais le pire c'est le vent, -20 avec du soleil, ça se fait très bien, mais s'il y a du vent, alors ça devient pénible. Ça fait encore plus tomber la température, ça traverse les vêtements, ça fait pleurer, bref une horreur.
Ils m'ont tous demandé si je n'étais pas folle de venir au Canada juste pour l'hiver... et bien ma foi c'est comme ça, que voulez vous, si la crise avait éclaté 6 mois plus tôt j'aurais pu faire la cession de septembre! Ils étaient aussi surpris que je sois allée me promener hier matin dans la ville! Mais je viens d'arriver, je veux voir où j'ai atterri!
Je crois qu'il faut un peu de folie de temps en temps...

jeudi 1 janvier 2009

Félix & Co



Félix, le chat officiel;
Oui, elle est sur le tapis de la baignoire.... ne me demandez pas pourquoi elle dort là, mademoiselle est chez elle. Il faut juste la virer quand elle occupe la salle de bains trop longtemps ;)

I'll speak english!

Leur accent est assez facile à comprendre une fois repéré la prononciation. Je comprends peut être un mot sur 2, mais je devine assez bien en gros de quoi on parle. Je n'étais pas trop paumée hier soir quand ils parlaient à table. Je m'attendais à être franchement paumée pendant les premières semaines, mais Claire et James parlent français, ça fait du bien au début. J'arrivais même à comprendre Régina, la mère de James, alors qu'elle vient d'Irlande et un bel accent plus british qu'américain.
Je me suis finalement jetée à l'eau avec le beau-frère de Claire qui ne parle pas français, à lui expliquer que les français font la tronche dans le métro est qu'il est très mal vu, voir dangereux de parler ou de regarder quelqu'un dans un lieu public.
Ils m'ont dit que je parlais bien et que j'allais être dans un groupe avancé à la fac! Ça m'a fait rigoler doucement, mais quand on entends qq'un parler un chouilla sa langue, ça fait toujours plus d'effet que mérité. Je suis ici depuis peu de temps, mais j'entends quand même la musique de la langue, et je dois avoir une prononciation pas trop catastrophique, ils comprennent donc le peu que je dis.
Je réalise quand même la grande bêtise de l'enseignement des langues en France, où on nous apprend des magnifiques tournures de phrases littéraires, mais personne ne nous apprend à parler. Je pense qu'ils veulent donner des outils aux élèves pour qu'ils puissent s'en servir. Sauf que quand on a rien à dire, on n'utilise pas les outils fournis, pire on ne les apprend pas (là je parle pour le cancre en langue que j'ai toujours été pour cause d'absence totale de motivation). Il faut donc faire l'inverse, avoir besoin de dire des choses, et apprendre les belles tournures de phrases quand on a bien galéré pour dire un truc. Par exemple, je sais très bien qu'à la 3e personne du singulier il faut coller un -S; I go, she goes;
et bien maintenant, je vais m'en souvenir parce que j'ai fait plusieurs fois la faute, et je m'en suis rendue compte. Rien de mieux que l'expérience, les progrès par soi même, y'a que ça de vrai!

Je suis française!

Simple comme affirmation a priori, mais quand c'est Claire, québécoise, qui le dit, mon coeur et mon cerveau ont sursautés.

J'ai passé le réveillon finalement chez Claire et James, en compagnie de la mère de James, de son frère et sa fille adolescente, et de Lilian, un français qui vit depuis 3 ans ici, assez porté sur l'expatriation puisqu'il a vécu en Corée, et est marié à une japonaise, qui est sensée le rejoindre dans quelques mois.

A suivi une discussion assez nourrie sur ce problème, pour savoir ce qu'est une identité nationale. Claire parle français, est de famille française arrivée en France au 18e siècle, à toujours gardé le lien avec la France, d'autant qu'elle y a passé 6 ans pour un doctorat d'histoire à la Sorbonne. Il n'empêche, elle parle avec l'accent du Québec, et a la nationalité canadienne puisqu'elle est née ici.
Mon cœur a sursauté puisque je nourris une grande affection à mon passeport « République Française », non par nationalisme mais parce qu'il est ma porte de sortie et d'entrée en France. Ma porte de sortie puisqu'étant citoyenne de l'Union Européenne, je peux voyager dans l'espace Schengen sans que personne ne me demande rien. Je peux aussi voyager partout dans le monde avec un visa éventuellement, on me laisse rentrer n'importe où; le douanier avait tamponné mon visa en arrivant au Congo, sans me demander quoi que se soit, limite en me tenant la porte. Je suis également rentrée au Canada avec quelques petites questions de la part du policier, mais il m'a laissé rentrer en 5 minutes, et exemptée de visa (pour des séjours touristiques de moins de 6 mois). C'est aussi ma porte d'entrée, puisque la France ne peut pas me refouler à ses frontières, je pourrais, contrairement à d'autres, toujours rentrer chez moi.

Je mesure l'énorme privilège de ce petit bout de carton d'un pays riche. Ce n'est pas un vain mot, et quand on voit ce dont sont capables les mauritaniens, les kurdes, ou que sais-je pour faire ce que je peux faire en toute légalité, c'est à dire juste vivre et voyager dans des pays développés et en paix, on mesure la valeur du fameux morceau de carton.

Mon esprit aussi a sursauté. Que signifie s'identifier à un pays dont on n'a plus de lien formel depuis 300 ans? Claire qui est médiéviste, nous répétait que 300 ans est une seconde dans l'histoire d'un peuple. Les français se sont installés et on reproduit une petite France sur une terre quasiment vierge. Sont arrivés ensuite les britanniques qui ont colonisés ce pays et ont « vaincu » les français. Les québécois ne se sent pas participer au melting-pot anglo-saxon du Canada, mais sont toujours restés tournés vers la France.

Le train
On ne réalise pas en France hexagonale que nous sommes une grosse locomotive à laquelle sont attachés de nombreux wagons. Les anciennes colonies ne font plus partie de nos préoccupations, la France est assez égocentrique pour ne surtout pas prendre en compte les poussières qui l'entourent.
Claire a bien conscience que la France se contrefiche des québécois puisqu'elle n'a pas besoin d'eux. À l'inverse, les 7,5 millions de francophones québécois ont un besoin vital de la France. Toute la culture francophone vient de la France; Elle achète des livres français, regarde TV5, suit l'actualité française, et à l'entendre, le Québec ne produit pas grand chose. Sans doute d'ailleurs la musique d'André (Ledrac) relève de cette revendication.

J'avais déjà été sidérée en Belgique de voir que les wallons connaissent la France pour y passer la plupart de leurs vacances, regardent la télé française, connaissent nos hommes politiques, nos chanteurs, notre histoire, alors qu'à l'inverse la plupart des français ne savent pas ce qu'est la Wallonie. Pareil pour le Congo Kinshasa. Ne pouvant rien produire par eux-même, ils ne sont tournés que vers une chose: partir en Europe, en Belgique principalement, ou en France.

La neige!

C'est beau la neige! Le doux chuintement quand on marche dessus, le soleil rasant sur tout ce blanc, le paysage tout blanc... c'est féérique!
Il faisait beau aujourd'hui, j'ai eu de la chance pour ma première sortie.
Alors ce froid? ce fameux grand froid, comment est-il?.... J'en avais assez peur en fait, surtout pour mes pieds. Pascaline avait mis dans ma chambre des bottes juste à ma taille qui m'ont permis de faire une grande promende dans la ville. Je suis sortie au moins 3 heures. Au début ça fait pleurer les yeux, et ça pique le visage, mais je n'ai vraiment eu froid qu'aux jambes. Avec mon anorak sponsorisé par Michelin, un bonnet en laine, une écharpe, les mouffles prétées par Claire, je me suis achetée un caleçon au début de ma promenade, et le tout sans vent et au soleil, et bien je n'avais pas froid. Bon au bout d'un moment j'étais contente de rentrer, mais bien équipée, ça reste supportable.
J'ai regardé la météo sur internet qui affichait -15° aujourd'hui à Ottawa!! assez fière d'avoir supporté pour mon baptème du froid!